Robert Asselin

Opinion: Un geste significatif

June 5, 2014

To read this article in English, click here.

En annonçant hier un plan de lutte sérieux contre les changements climatiques, le président américain Obama a posé l’un des gestes les plus significatifs de sa présidence.

L’objectif annoncé par l’Environmental Protection Agency (EPA) de réduire de 30% d’ici 2030 les émissions de carbone par rapport à celles de 2005 représente le plus grand effort jamais entrepris par le gouvernement américain de s’attaquer aux changements climatiques. Si le plan est mis en oeuvre, cela impliquera une réduction de 500 millions de tonnes métriques de carbone annuellement.

Aux États-Unis, 40% des émissions sont produites par les centrales énergétiques (principalement des centrales au charbon). L’annonce d’hier vise directement ces centrales en leur imposant un plafond quant à leurs niveaux d’émissions ce qui, dans les faits, équivaut à établir un prix sur le carbone.

Une portée internationale

Au-delà de la dimension nationale, l’annonce aura une portée internationale considérable. D’abord parce que les États-Unis et la Chine sont les deux plus grands émetteurs de carbone à l’échelle de la planète (près de 70% des émissions totales), le message envoyé au reste du monde est sans équivoque. Avant le sommet mondial de Paris qui se tiendra en 2015, l’annonce du président Obama vient insuffler un nouvel élan aux négociations qui s’amorcent pour en venir à un nouvel accord multilatéral. Cela est loin d’être anodin, considérant l’inertie observée au cours des récentes années.

Enfin, la direction que vient de prendre le gouvernement américain aura un effet certain sur les forces du marché, qui prendront un virage important dans la production, la transmission et la consommation énergétiques. Déjà, les investissements et les emplois liés aux énergies renouvelables comme le solaire, l’éolien et la biomasse ont connu un essor considérable au cours des dernières années aux États-Unis. Le mouvement ne sera qu’amplifié à la suite de cette nouvelle réglementation.

Le Canada en mauvaise posture

Quelles seront les conséquences pour le Canada? Jouissant d’une réputation déjà peu envieuse sur le plan environnemental, le gouvernement Harper se trouve dans une situation encore plus vulnérable. En refusant de mettre de l’avant sa propre réglementation sur les émissions de carbone, il place le Canada dans une position doublement désavantageuse.

D’une part, comme nous l’avons constaté dans le fiasco de l’oléoduc Keystone, l’absence d’action concrète sur le plan des changements climatiques nuit à l’exportation du pétrole lourd venant des sables bitumineux de l’Alberta. Grâce entre autres à la révolution dans l’exploration du gaz naturel, les États-Unis auront le luxe d’être plus sélectifs dans l’importation de l’énergie et préférer des sources moins polluantes. Si le Canada avait agi en matière de séquestration du carbone ou en réglementant l’industrie, il ne serait pas dans cette situation.

D’autre part, plutôt que de devenir un leader mondial dans la recherche et le développement et l’innovation en matière énergétique et de créer un marché propice aux investissements privés, le Canada risque de se faire damer le pion par les pays qui auront compris le potentiel économique lié à ce virage.

À l’avenir, les économies à faibles émissions de carbone auront un avantage compétitif important. Au-delà de la lutte aux changements climatiques, c’est cela qu’il faut saisir dans l’annonce d’hier. Le président Obama, lui, l’a compris.

Related Content

Opinion: Un geste significatif

En annonçant hier un plan de lutte sérieux contre les changements climatiques, le président américain Obama a posé l’un des gestes les plus significatifs de sa présidence. L’objectif annoncé par l’Environmental Protection Agency (EPA) de réduire de 30% d’ici 2030 les émissions de carbone par rapport à celles de 2005 représente le plus grand effort jamais entrepris par le gouvernement américain de s’attaquer aux changements climatiques. Si le plan est mis en oeuvre, cela impliquera une réduction de 500 millions de tonnes métriques de carbone annuellement.

Speech: Brian Mulroney on “The Next Big Thing” for Canada

On April 8th, 2014, Canada 2020 invited the Right Honourable Brian Mulroney, Canada’s 18th Prime Minister, to answer the question: “What is the next big thing for Canada?” His speech focused on the importance of natural resource development, and stressed the importance of bold leadership that places national interest ahead of electoral success – something Mr. Mulroney knows quite a bit about. Click here to read his address, as well as stream video of the speech.

Research: How Canadians (vs. Americans) feel about climate change

Researchers from Canada and the United States have partnered with Canada 2020 to publish their key findings from the Canada-US Comparative Climate Survey, conducted in the fall of 2013. This report delves deeper into the data, analyzing key trends and preferences across a variety of indicators including region, partisan divide, and others. For interactive maps and other data, visit www.canada2020backup.see-design.com/climatepoll

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Site by Carbure
css.php