LE CANADA QUE NOUS SOUHAITONS EN 2020 //

Assurer l’avenir de notre système de soins de santé

En cette période de déficits budgétaires, le système universel canadien de soins de santé exerce d’énormes pressions sur le Trésor, que ce soit au niveau des provinces ou à celui du gouvernement fédéral. Ses coûts augmentent en proportion du PIB à cause du vieillissement de la population et de l’inflation des soins de santé. Notre système est à la fois inadapté aux besoins actuels du pays (l’accent y est mis sur les soins actifs plutôt que sur les soins aux malades chroniques) et n’est pas appliqué uniformément dans toutes les régions. Plusieurs groupes les Premières nations, les gens plus âgés souffrant de maladies chroniques, les consommateurs de médicaments onéreux qui n’ont pas de régime d’assurance-médicaments, et les victimes de failles dans la sécurité médicale sont particulièrement mal servis.

Dr. Philippe Couillard, PC, MD est actuellement conseiller stratégique auprès du Groupe SECOR. De 2003 à 2008, il a occupé le poste de Ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec. Il est président de la Fondation pour la recherche en santé du Canada, administrateur de deux entreprises de biotechnologie et partenaire de Persistence Capital Partners, une société de fonds de capital investissement. M. Couillard est membre du Conseil privé du Canada et siège au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité.

LEÇONS À TIRER DE 2004, PERSPECTIVES POUR 2014

Philippe Couillard

Il y a sept ans, les premiers ministres de notre pays se réunissaient à Ottawa dans le but de conclure un accord qui devait remettre nos systèmes de santé sur les rails « pour une génération ». Malgré certaines améliorations, cette ambition reste encore inachevée. Les progrès accomplis ont surtout touché le volet « production » de notre système de soins de santé : Une amélioration des temps d’attente pour des actes médicaux ciblés, au prix d’investissements considérables.

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Il nous faut assurer la participation des médecins à la gestion du système

Il nous faut assurer la participation des médecins à la gestion du système

Francesca Grosso est directrice principale chez Grosso McCarthy, un cabinet d’experts-conseil qui se spécialise dans la stratégie et la politique des soins de santé. Mme Grosso a été, de 2001 à 2003, directrice de la politique auprès du Cabinet du ministre de la Santé et des Soins à long terme. Précédemment, elle était vice-présidente santé chez Environics Research Group. Elle a également collaboré avec Michael Dechter à l’établissement du Conseil canadien de la santé et a participé à l’établissement de plusieurs autres agences fédérales de santé. En 2006, elle coécrivait, avec Michael Dechter, l’ouvrage : Navigating Canada’s Health Care: A User Guide to the Canadian Health Care System.

Michael Decter est un économiste formé à Harvard et un expert canadien des systèmes de santé. Il a été sous-ministre de la santé de l’Ontario et secrétaire du Conseil des ministres du gouvernement du Manitoba. Il a publié plusieurs ouvrages sur les soins de santé et a occupé plusieurs postes de responsabilité dans la gestion d’organismes de soins de santé ou d’établissements qui s’occupent principalement de santé. Il a fondé le Conseil canadien de la santé. Il est actuellement président et chef de la direction du cabinet de gestion des investissements LDIC Inc. M. Decter a été décoré de l’Ordre du Canada en 2004.

QUATRE INITIATIVES FÉDÉRALES POUR AMÉLIORER L’ABORDABILITÉ, LA PRODUCTIVITÉ ET L’IMPUTABILITÉ

Francesca Grosso et
Michael Decter

La préservation d’un système de soins de santé de bonne qualité en ces temps de croissance ralentie et de demande en soins de santé accrue constituera un immense défi pour le Canada. Relever et gérer ce défi incomberont majoritairement aux décideurs du secteur public (étant donné que le secteur public fournit 70 pour cent du financement des services de santé canadiens). Ce n’est pas le vieillissement en lui-même qui cause le problème, mais le vieillissement dans le contexte actuel de choix plus nombreux de soins de santé.

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Mark Stabile est directeur fondateur de la School of Public Policy and Governance de l’université de Toronto et enseigne l’économie et la politique publique à la Rotman School of Management. Il est également associé de recherche au National Bureau of Economic Research à Cambridge au Massachussetts, et chargé de cours au Rimini Centre for Economic Analysis, en Italie. De 2003 à 2005, il a été conseiller politique principal du ministre des Finances de l’Ontario où il s’occupait de dossiers tels que ceux de la santé, de l’éducation et de la fiscalité. Il a également été conseiller auprès des gouvernements du Canada et de l’Ontario pour la réforme du système des soins de santé.

DÉFRAYER LES SOINS DE SANTÉ QUE NOUS SOUHAITONS

Mark Stabile

Bien avant la grande récession de 2008, le système des soins de santé du Canada montrait déjà des signes de difficultés de financement. Au cours des dernières décennies, les coûts des soins de santé ont nettement distancé les recettes fiscales et le produit intérieur brut (PIB). Bien qu’il y ait eu des périodes de croissance rapide et d’autres moins rapides (au cours des années 1990 alors que le gouvernement fédéral équilibrait ses budgets, les coûts des soins de santé ont crû beaucoup plus lentement), entre 1980 et 2006, la croissance moyenne annualisée des dépenses en soins de santé s’est établie à 7,5 pour cent. Au cours de cette même période, la croissance moyenne annualisée du PIB s’établissait à 6,1 pour cent.

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L’assurance privée complémentaire n’offre pas une solution toute faite au problème de l’augmentation des coûts des soins de santé

Assurer l’avenir de notre système de soins de santé